
Laurent est rentré en douce au collège après avoir quitté son ami. Personne pour le voir. Il aurait pu faire sonner l’alarme incendie, donner un coup de fil anonyme disant qu’il y avait une bombe pour qu’on fasse sortir tous les élèves, mais il a trouvé plus simple de rentrer par une fenêtre qu’il avait laissée ouverte. Toujours éviter de se faire remarquer quand on prépare un coup. La fugue ne Gwanaël ne devait pas être découverte avant ce soir. Les deux garçons ont pensé à mille plans différents mais ont retenu le premier qu’ils avaient eu. Gwanaël a dit à Laurent vers midi qu’il était malade et qu’il rentrait chez lui, il lui a même donné un mot d'excuse pour la vie scolaire. Tout simple. Laurent n’était donc pas impliqué.
Lorsqu’on s’apercevrait de la disparition de Gwanaël, on penserait à un kidnapping sur le chemin de l’école alors qu’il rentrait chez lui après avoir écarté les autres hypothèses : il n’était pas dans sa famille, ni à l’école, ni chez des copains et dans aucun endroit habituel qu’il fréquentait. Laurent passa une après-midi sans problème, seul. Quelques camarades et les profs lui demandèrent pourquoi Gwanaël était absent, sans insister. Motif valable.
Laurent reçut le sms de son copain en plein cours de français. La prof n’aimait pas les sms, il ne le lui ferait donc pas lire. En plus, elle ne comprendrait rien, et aurait déjà oublié l’absence de Gwanaël. Il répondit sans se faire repérer. Il avait l’habitude. Bien sur, ce n’était pas son portable habituel. Ils avaient acheté deux portables dans une petite boutique et pris des cartes Sim dans une presse assez loin de chez eux. Le risque était assez minime que les commerçants fassent le lien avec la disparition, si on en parlait au jt ou dans les journaux.
Le collège était une passoire mais il y avait quelqu’un pour observer et corriger. Ainsi, un surveillant appela le portable de la mère de Gwanaël quand il eut la liste des absents. Le début de la chasse au fugueur avait commencé. La mère appela son mari, celui-ci téléphona au collège et ce dernier au commissariat. En effet les parents étaient surs que leur fils était au collège et il ne leur avait pas téléphoné. Il y avait donc un problème quelque part. Un inspecteur fut dépêché au collège pour voir s’il y avait lieu de s’inquiéter.
On fit appeler Laurent au bureau du proviseur. Sans l’effrayer on lui demanda pourquoi Gwanaël était partit, s’il semblait malade, s’il paraissait avoir peur de quelque chose, si on les avait suivi ce matin, s’il lui avait dit quelque chose de particulier… Laurent se mit dans la peau de son personnage et pensa vraiment ce qu’il disait. Il mentait bien. On ne le garda pas et on ne fit pas venir d’autres enfants de sa classe. Simplement, on envoya un surveillant dans sa classe qui demanda à ce que tous ceux qui pouvaient les aider à retrouver Gwanaël viennent les voir au bureau du principal.
Évidemment, la classe était en ébullition et les élèves travaillèrent encore moins que d’habitude ce qui n’est pas peu dire. Leur tête n’était pas souvent tournée vers le tableau et leurs oreilles écoutaient les commentaires des voisins. La prof récita son cours. La sonnerie d’interclasse sonna sans que les élèves s’en rendent compte et un autre prof se mis à parler. Les théories devenaient plus farfelues au fur et à mesure qu’on avançait dans l’après-midi. A la sortie des cours, il était devenu presque certain que Gwanaël s’était fait enlevé par un résea
u de pédophiles, qu’il deviendrait leur esclave et qu’on le retrouverait en Russie dans plusieurs mois, mort. Laurent ne pouvait faire qu’une chose, se renfermer sur lui-même, attitude qu’on attendait plus ou moins de lui. Mais il écoutait, et les récits qu’il entendait le passionnaient. C’était dur de ne pas le montrer.
Évidemment, il y eut plus de parents que d’habitude à la sortie du collège. Le téléphone à téléphone marche très bien. Personne ne savait rien mais tous avaient leur opinion. Déjà, pourquoi on sort si facilement du collège (il faut mettre des grilles, des gardes, ..), que faisaient les policiers (feraient mieux de surveiller les criminels au lieu de mettre des pv), pourquoi on avait enlevé la peine de mort (il fallait tous les zigouiller), et les caméras (pourquoi y en avait pas une ici), et la télé (ça donne des idées), et les jeux (ils ont été élevés avec), … C’est sympa, une disparition d’enfant, ça donne plein de sujets de conversation. Faudrait qu’il y en ait plus souvent.
La police n’osait pas trop se montrer. Les profs avaient eu pour consigne de donner des conseils de prudence aux enfants. Le principal avait envisagé la possibilité de mettre des caméras de surveillance avec l’inspecteur. Les parents de Gwanaël n’étaient pas venus, on les en avait dissuadés. Les parents de Laurent étaient tous deux présents. La presse avait été conviée dans la salle polyvalente. L’heure était aux « On n’est sur de rien. Toutes les hypothèses sont envisagées ». Laurent se préparait à quelques heures pénibles, mais il escomptait en retirer quelques bénéfices sinon à quoi bon…
Lorsqu’on s’apercevrait de la disparition de Gwanaël, on penserait à un kidnapping sur le chemin de l’école alors qu’il rentrait chez lui après avoir écarté les autres hypothèses : il n’était pas dans sa famille, ni à l’école, ni chez des copains et dans aucun endroit habituel qu’il fréquentait. Laurent passa une après-midi sans problème, seul. Quelques camarades et les profs lui demandèrent pourquoi Gwanaël était absent, sans insister. Motif valable.
Laurent reçut le sms de son copain en plein cours de français. La prof n’aimait pas les sms, il ne le lui ferait donc pas lire. En plus, elle ne comprendrait rien, et aurait déjà oublié l’absence de Gwanaël. Il répondit sans se faire repérer. Il avait l’habitude. Bien sur, ce n’était pas son portable habituel. Ils avaient acheté deux portables dans une petite boutique et pris des cartes Sim dans une presse assez loin de chez eux. Le risque était assez minime que les commerçants fassent le lien avec la disparition, si on en parlait au jt ou dans les journaux.
Le collège était une passoire mais il y avait quelqu’un pour observer et corriger. Ainsi, un surveillant appela le portable de la mère de Gwanaël quand il eut la liste des absents. Le début de la chasse au fugueur avait commencé. La mère appela son mari, celui-ci téléphona au collège et ce dernier au commissariat. En effet les parents étaient surs que leur fils était au collège et il ne leur avait pas téléphoné. Il y avait donc un problème quelque part. Un inspecteur fut dépêché au collège pour voir s’il y avait lieu de s’inquiéter.
On fit appeler Laurent au bureau du proviseur. Sans l’effrayer on lui demanda pourquoi Gwanaël était partit, s’il semblait malade, s’il paraissait avoir peur de quelque chose, si on les avait suivi ce matin, s’il lui avait dit quelque chose de particulier… Laurent se mit dans la peau de son personnage et pensa vraiment ce qu’il disait. Il mentait bien. On ne le garda pas et on ne fit pas venir d’autres enfants de sa classe. Simplement, on envoya un surveillant dans sa classe qui demanda à ce que tous ceux qui pouvaient les aider à retrouver Gwanaël viennent les voir au bureau du principal.
Évidemment, la classe était en ébullition et les élèves travaillèrent encore moins que d’habitude ce qui n’est pas peu dire. Leur tête n’était pas souvent tournée vers le tableau et leurs oreilles écoutaient les commentaires des voisins. La prof récita son cours. La sonnerie d’interclasse sonna sans que les élèves s’en rendent compte et un autre prof se mis à parler. Les théories devenaient plus farfelues au fur et à mesure qu’on avançait dans l’après-midi. A la sortie des cours, il était devenu presque certain que Gwanaël s’était fait enlevé par un résea
u de pédophiles, qu’il deviendrait leur esclave et qu’on le retrouverait en Russie dans plusieurs mois, mort. Laurent ne pouvait faire qu’une chose, se renfermer sur lui-même, attitude qu’on attendait plus ou moins de lui. Mais il écoutait, et les récits qu’il entendait le passionnaient. C’était dur de ne pas le montrer.Évidemment, il y eut plus de parents que d’habitude à la sortie du collège. Le téléphone à téléphone marche très bien. Personne ne savait rien mais tous avaient leur opinion. Déjà, pourquoi on sort si facilement du collège (il faut mettre des grilles, des gardes, ..), que faisaient les policiers (feraient mieux de surveiller les criminels au lieu de mettre des pv), pourquoi on avait enlevé la peine de mort (il fallait tous les zigouiller), et les caméras (pourquoi y en avait pas une ici), et la télé (ça donne des idées), et les jeux (ils ont été élevés avec), … C’est sympa, une disparition d’enfant, ça donne plein de sujets de conversation. Faudrait qu’il y en ait plus souvent.
La police n’osait pas trop se montrer. Les profs avaient eu pour consigne de donner des conseils de prudence aux enfants. Le principal avait envisagé la possibilité de mettre des caméras de surveillance avec l’inspecteur. Les parents de Gwanaël n’étaient pas venus, on les en avait dissuadés. Les parents de Laurent étaient tous deux présents. La presse avait été conviée dans la salle polyvalente. L’heure était aux « On n’est sur de rien. Toutes les hypothèses sont envisagées ». Laurent se préparait à quelques heures pénibles, mais il escomptait en retirer quelques bénéfices sinon à quoi bon…
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