mardi 18 janvier 2011

Chapitre 7 : Le voyage


Gwanaël n’avait pas eu de problème pour aller à Paris-Gare de Lyon. Il avait pris le métro, il devait être le seul enfant dans la rame, à croire que Paris n’est peuplé que d’adultes. Ou alors les enfants étaient retenus prisonniers, à moins qu’ils n’aient pas le droit de prendre le métro. Pas de poussettes, ni landaus non plus. A croire aussi qu’il n’y aura que des vieux dans quelques années. Quelques hommes le regardèrent mais baissaient les yeux ou détournaient leur regard dès qu’il les regardait.
Arrivée à la gare, il n’eut pas à attendre longtemps. Les gens étaient un peu moins mornes que sous terre, il y avait des pigeons. Ca parlait dans toutes les langues, c’était coloré aussi bien en couleur de peau qu’en vêtements. Il y avait des jeunes, des vieux, des enfants. Gwanaël se sentit mieux. Cinq minutes à regarder autour de lui, puis sur le panneau d’affichage le quai où se trouvait son train apparut. Il savait qu’il avait encore un quart d’heure avant le départ, mais il préférait le prendre avec la foule pour éviter de se faire remarquer. Un garçon seul à Paris attire les regards.
Il prit sa place immédiatement après avoir mis son sac au-dessus. Un étudiant était venu s’asseoir à côté de lui. Tant mieux, il n’aurait pas à faire la conversation. Mentir était assez fatiguant. Son voisin, d’ailleurs, avait sorti un magazine de foot et s’était plongé dedans. Gwanaël avait prévu le coup où son voisin aurait été une voisine, une vieille voisine, avec un questionnaire infinissable. Il avait son Smartphone avec ses écouteurs, et des dizaines de mp3. Il ne le sortit pas tout de suite. Il avait besoin d’un peu de temps pour réfléchir à la situation. Voir s’il n’avait rien oublié, prévoir la suite.
Il quittait Paris sans regret. Même s’il ne devait jamais y revenir, bien que ce scénario soit très invraisemblable. Son projet actuel prévoyait un retour dans cinq jours, s’il n’était pas ramené malgré lui avant. Alors que le train partait, il commença à réfléchir à son arrivée à Montpellier. Il n’y était jamais allé et les quelques sites qu’il avait parcourus se contredisaient parfois. Il semblait que la ville se métamorphosait assez vite. Mais il avait décidé d’aller directement à Palavas. Le trajet Montpellier-Palavas en car ne devrait pas poser trop de problèmes. Les immeubles de banlieue se dessinaient sur les vitres pendant qu’il songeait à la plage de Palavas.
Il commença à écouter sa musique au bout d’une heure de trajet. Il avait refait son parcours de matin dans sa tête plusieurs fois. Il ne voyait rien d’anormal. Il avait alors envoyé son premier sms à Laurent lui disant que tout était ok. Puis il avait mis ses écouteurs et il partit alors dans d’autres contrées.
Une réponse de Laurent lui confirmait que tout allait pour le mieux. Rien à signaler. Personne n’était encore au courant de sa fugue. Quelques heures pendant lesquelles il n’était pas là où on croyait qu’il était. Cela lui donnait une sensation de liberté. Il regarda par la fenêtre ; le paysage ne montrait que des collines et des petits villages. Il se demanda comment aurait été sa vie s’il avait grandit dans un de ces villages, loin de tout. Il se dit alors que ce serait une bonne idée d’avoir un correspondant ici, qui lui raconterait sa vie de tous les jours.
Il arriva à Nîmes sans s’en rendre compte. Les arrêts avaient été rares, et il avait somnolé un certain temps. Nîmes n’était qu’à 20 minutes de Montpellier. Voilà, sa cavale commençait. Dans le train, il était encore relié à Paris. Dehors, il serait seul, tout pouvait lui arriver. Il réfléchit au trajet Montpellier-Palavas. S’il ne se trompait pas, alors il aurait presque gagné. D’abord sortir de la gare, prendre le tramway direction Odysséum arrêt Place de l’Europe, puis le car direct jusque Palavas. Ca ne semblait pas trop difficile, mais il pouvait y avoir des imprévus. Il ne s’impatientait pas. Rester calme et tout faire dans le bon ordre sans avoir l’air d’un garçon perdu. Il entendit qu’on annonçait qu’on approchait de Montpellier, terminus du TGV.

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