
Gwanaël était allé au collège comme d’habitude. Avec Laurent. Ils se racontaient leur soirée ; depuis leur arrivée chez eux jusqu’au moment où ils éteignaient la lumière. Ce qui se passait après, ils n’en parlaient qu’à l’abri des oreilles indiscrètes. Pour Gwanaël, n’avoir rien fait de particulier ne le gênait jamais pour parler. Mais ce jour-là, il y avait quelque chose. Il commença par raconter comment sa sœur l’accueillit en lui gueulant dessus. Sa mère était encore au boulot et son père filait un coup de main à un de ses collègues. Il avait envoyé sa sœur se faire mettre par son jules, elle avait promis de le dire à leur mère. Il était rentré dans sa chambre et s’était mis à faire ses devoirs.
Les exercices de math de la veille étaient assez costauds. Quelques semaines auparavant, il aurait pu aller chez son voisin se faire aider. Là, tout seul, il avait du mal à se concentrer. Même après avoir fini tout ce qu’il avait à faire, il n’en tira aucune satisfaction. Une corvée. Ses devoirs étaient devenus une corvée. Rien pour le faire sourire, rien pour l’emmener dans un autre univers. Quand il reposa son crayon, il avait pris sa décision.
Il garda sa décision secrète le plus longtemps qu’il put. C'est-à-dire jusqu’à ce qu’il voit Laurent. « Je vais à Palavas demain. Tu viens avec moi ? »
Les deux garçons se connaissaient trop bien. Laurent compris que son copain avait décidé de partir sans prévenir personne et que sa question n’était qu’une question. Il réfléchit quelques secondes et décida de le laisser partir seul. « Non, pas tout de suite. Dans quelques jours peut-être, si tu es encore là-bas. Tu pars quand ?» - « A midi, après les cours »
Laurent savait pourquoi Gwanaël partait. C’était un de leurs s
ujets de conversation depuis deux semaines : son voisin dans le sud. Ils avaient passé des heures sur le net et en connaissaient un maximum sur Palavas, Montpellier et le Cap d’Agde. Leur imagination débordante n’avait pas besoin en plus d’une station naturiste. Pour le coup, il y eu vraiment un trop-plein d’idées délirantes dont certaines carrément surréalistes. C’est pour cette raison que la fugue de Gwanaël a eu lieu si tard. Trop de choses en trop peu de temps. Mais la date avait enfin été arrêtée et à part une grève à la SNCF, il n’y avait pas grand-chose qui aurait pu l’empêcher de partir.
Les deux garçons étaient arrivés au collège pour une matinée comme tant d’autres. Histoire-géo barbante durant deux heures puis cours de math. Au moins Gwanaël n’aurait pas fait ses exos pour des prunes. Mais il ne voulait pas se faire remarquer alors lever le doigt était hors de question. Sa voix ou un tremblement de la main aurait pu le trahir . La prof d’ailleurs ne s’interessa pas à lui, ni à Laurent. Un observateur au courant de la future fugue aurait eu beau chercher un quelconque signe, il n’aurait rien vu. Deux garçons qui passaient leur matinée en classe comme d’habitude. Aucun signe de nervosité, pas de moments d’absence, enfin pas plus que d’habitude.
A midi, ils sortirent du collège. Ils mangeaient habituellement à la cantine et les sorties étaient réglementées mais rien ne peut arrêter deux garçons déterminés. Tout était prêt, le sac, les billets, les portables. Laurent devait retourner au collège avant qu’on remarque son absence. Il avait un mot d’absence pour Gwanaël. Aucun problème n’était venu contrecarer leur plan. Ils se serrèrent la main et chacun partit de son côté. Voilà, Gwanaël pouvait commencer son voyage vers le sud.
Les exercices de math de la veille étaient assez costauds. Quelques semaines auparavant, il aurait pu aller chez son voisin se faire aider. Là, tout seul, il avait du mal à se concentrer. Même après avoir fini tout ce qu’il avait à faire, il n’en tira aucune satisfaction. Une corvée. Ses devoirs étaient devenus une corvée. Rien pour le faire sourire, rien pour l’emmener dans un autre univers. Quand il reposa son crayon, il avait pris sa décision.
Il garda sa décision secrète le plus longtemps qu’il put. C'est-à-dire jusqu’à ce qu’il voit Laurent. « Je vais à Palavas demain. Tu viens avec moi ? »
Les deux garçons se connaissaient trop bien. Laurent compris que son copain avait décidé de partir sans prévenir personne et que sa question n’était qu’une question. Il réfléchit quelques secondes et décida de le laisser partir seul. « Non, pas tout de suite. Dans quelques jours peut-être, si tu es encore là-bas. Tu pars quand ?» - « A midi, après les cours »
Laurent savait pourquoi Gwanaël partait. C’était un de leurs s
ujets de conversation depuis deux semaines : son voisin dans le sud. Ils avaient passé des heures sur le net et en connaissaient un maximum sur Palavas, Montpellier et le Cap d’Agde. Leur imagination débordante n’avait pas besoin en plus d’une station naturiste. Pour le coup, il y eu vraiment un trop-plein d’idées délirantes dont certaines carrément surréalistes. C’est pour cette raison que la fugue de Gwanaël a eu lieu si tard. Trop de choses en trop peu de temps. Mais la date avait enfin été arrêtée et à part une grève à la SNCF, il n’y avait pas grand-chose qui aurait pu l’empêcher de partir. Les deux garçons étaient arrivés au collège pour une matinée comme tant d’autres. Histoire-géo barbante durant deux heures puis cours de math. Au moins Gwanaël n’aurait pas fait ses exos pour des prunes. Mais il ne voulait pas se faire remarquer alors lever le doigt était hors de question. Sa voix ou un tremblement de la main aurait pu le trahir . La prof d’ailleurs ne s’interessa pas à lui, ni à Laurent. Un observateur au courant de la future fugue aurait eu beau chercher un quelconque signe, il n’aurait rien vu. Deux garçons qui passaient leur matinée en classe comme d’habitude. Aucun signe de nervosité, pas de moments d’absence, enfin pas plus que d’habitude.
A midi, ils sortirent du collège. Ils mangeaient habituellement à la cantine et les sorties étaient réglementées mais rien ne peut arrêter deux garçons déterminés. Tout était prêt, le sac, les billets, les portables. Laurent devait retourner au collège avant qu’on remarque son absence. Il avait un mot d’absence pour Gwanaël. Aucun problème n’était venu contrecarer leur plan. Ils se serrèrent la main et chacun partit de son côté. Voilà, Gwanaël pouvait commencer son voyage vers le sud.
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